Les Gilets jaunes : parce que les résultats se faisaient trop attendre ?

La colère et le désespoir des plus malheureux de nos compatriotes, la plupart de nos hommes politiques s’en étaient rendu compte. Ce mal-être grandissait depuis des décennies et les seuls remèdes que les gouvernements qui se succédaient y apportaient consistaient en de petites primes, des leurres, des mesurettes, de quoi calmer les esprits et tenir quelque temps dans un monde où l’on pousse chacun à consommer toujours plus, quitte à s’endetter et faire, au passage, le bonheur des banquiers…

 Oui, cette misère nous l’avons vu monter mais l’explosion de cette crise, personne ne l’a vue venir, ni mesuré l’ampleur de sa propagation par les réseaux sociaux, relayée par les médias toujours à la recherche de la meilleure audience, attisée par les partis politiques extrémistes et populistes de droite comme de gauche soufflant sans vergogne sur les braises… Quelle aubaine pour eux après toutes ces tentatives échouées de déstabilisation du pouvoir en place !

 Des mesures jugées insignifiantes par certains…

Lundi dernier, après l’annulation de la hausse sur la taxe carbone (sur l’essence, le fioul et le diesel), de la convergence de la fiscalité du diesel avec celle de l’essence et pour les professionnels, de l’alignement sur la fiscalité des particuliers de la fiscalité du gazole des entrepreneurs non routiers, ce qu’on appelle le GNR, de l’entrée en vigueur des nouvelles modalités du contrôle technique, de l’augmentation des tarifs de l’électricité et du gaz annoncées par le 1er Ministre Édouard Philippe, le Président de la République Emmanuel Macron a annoncé de son côté :

  •  l’annulation en 2019 de la hausse de la CSG subie cette année par les retraités entre1200 et 2000 euros ;
  • le paiement des heures supplémentaires sans impôts, ni charges dès 2019 ;
  • le SMIC mensuel augmenté au total de 100 euros, sans qu’il coûte un euro de plus à l’employeur ;
  • l’ effort demandé aux entreprises qui le peuvent de verser une prime d’ici Noël à leurs salariés, prime qui sera sans impôts, ni charges ;

Ces quatre mesures devraient coûter entre 8 et 10 milliards d’euros selon les premières estimations… Par ailleurs, l’impact du mouvement des Gilets jaunes, selon le ministre de   l’ Économie Bruno Le Maire, devrait se traduire par une perte de 0,1% de croissance au dernier trimestre et donc une perte de rentrées fiscales de l’ordre de 2 milliards d’euros. Mais l’addition pourrait être bien plus lourde,le Gouvernement anticiperait déjà une perte de recettes fiscales de 4milliards…

L’objectif était pourtant clair: remettre l’économie en marche et redistribuer ensuite…

La stratégie avait pourtant été clairement annoncée dans le programme du candidat Macron : remettre l’économie en marche en valorisant d’abord le travail et redistribuer ensuite,c’est pour cela qu’au grand désespoir de tous ses prédateurs, le Président conserve bien son socle électoral dans tous les sondages. Ce qu’il a fait, il l’avait annoncé et ce qu’il voulait faire aussi.

Alors que nous étions sur la bonne voie et que nos premiers efforts commençaient à porter leurs fruits, avec la suppression de la taxe d’habitation pour certains d’entre nous, un travail qui paie mieux et de nombreuses autres mesures à destination de ceux pour qui c’est plus difficile, la crise des « gilets jaunes » vient tout remettre en cause. Ceux qui l’ont accompagnée, je ne parle pas de ceux qui mettent un gilet jaune sur le tableau de bord de leur voiture par peur des représailles, (j’en connais personnellement) portent une lourde responsabilité.

Mais plus que jamais, l’heure est au dialogue et le message des gilets jaunes a bien été compris.

Il est temps maintenant de nous mettre autour d’une table, car les sujets sont nombreux, avec un dernier sujet de taille : celui de l’addition de cette crise : 14 milliards d’euros(à ce jour) qu’il nous faudra bien payer tôt ou tard…

Un « grand débat national » sera organisé dès la 2èmequinzaine de janvier, mettant à contribution les maires, une initiative qui aura pour but de faire remonter les doléances avant d’entamer mi-janvier la concertation sur les thèmes définis par le gouvernement.

Pour LaREM Ambert Livradois Forez

J.M. HERNANDEZ

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1 réponse à Les Gilets jaunes : parce que les résultats se faisaient trop attendre ?

  1. AULAGNIER Jean dit :

    Le débat national doit porter parmi d’autres sujets sur “le pourquoi du refus de l’impôt” par beaucoup de nos concitoyens. Je pense pour ma part que ce n’est pas l’impôt qui est refusé mais l’usage qui en est fait. L’impôt nous le savons tous à deux fonctions : 1 – Produire des services publics (ce qui a un coût) 2 – Réduire les inégalités de revenus.
    Or beaucoup considère que l’impôt est affecté à des services publics dont le cout n’est pas maitrisé rapporté à leur utilité.
    Ils n’ont pas forcément tort. Le coût du fonctionnement de la démocratie est considéré comme trop élevé. Trop grand nombre de lieu de décisions publiques : assemblée nationale, sénat, conseil économique et social, collectivités régionales et territoriales, trop grand nombre d’élus, trop de dépenses à leur seul usage, trop de gaspillages, trop d’avantages injustifiables. Comment peux-t-on accepter les couts de fonctionnement du Sénat, par exemple ?
    Ce n’est pas faire preuve de “populisme” que de réclamer la mise en oeuvre des propositions de notre Président sur ce thème lors de la campagne électorale.
    Ajuster sérieusement les dépenses affectées au fonctionnement de nos institutions, comme notre président l’avait imaginé pendant la campagne électorale serait certainement apprécié des français a qui l’on veut demander des efforts. Il faut se rappeler que les petits ruisseaux font les grandes rivières, réduire le nombre des sénateurs, le nombre des députés, le nombre des élus locaux, supprimer les conseils économiques et sociaux (nationaux et régionaux). Des assemblées pléthoriques ne participent du bon fonctionnement de la démocratie. J’ai connu ce qu’il en était quand j’étais au conseil régional d’Auvergne… difficile à 47 élus de participer efficacement au débat public.
    La redistribution des rôles entre nos différentes collectivités locales n’a pas été très efficace, chaque collectivité ayant voulu “jalousement” protéger ses domaines d’intervention. Une réforme “encore ratée”.

    Je suis assez réservé sur le projet de référendum citoyen tout au moins au niveau national, en raison de la difficulté de définir le contenu de la question posée.

    Par contre je suis prêt a réfléchir au référendum au niveau des territoires sur des projets plus concrets et dont l’utilité peut être plus facilement appréciée par chaque citoyen.

    Quelques réflexions pour un débat régional futur.

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